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Être un modèle pour les jeunes

« Les intervenants doivent réaliser qu'ils n'enseignent pas seulement des activités physiques et sportives, mais qu'ils transmettent également des attitudes sociales et des valeurs éthiques et morales. » (Brunelle et Brunelle, 2012)

Le Flow n’assure pas le bien-fondé de ses agissements

Vivre des situations en état de Flow n’assure pas la vertu de ses actes. La présence de Flow peut aussi bien se ressentir dans des situations bienveillantes que malveillantes. L’expérience optimale, ou couramment appelée le Flow, a besoin d’être guidée par des valeurs humanisantes et soumise à une éthique.

Les ressentis du plaisir ne rejoignent pas nécessairement tous les élèves

On l’aura constaté, certains élèves éprouvent plus de satisfaction en refusant de coopérer dans les activités proposées.  Ils trouvent leur satisfaction dans le déplaisir de l’enseignant, dans un espace psychologique que Jacques Lacan nomme la « jouissance ».  Dans la limite de leur compétence, les intervenants en activité physique et sportive ont pour fonction d’établir des liens de confiance avec ces jeunes en prenant le temps de les écouter au lieu de les marginaliser.

Deux composantes ont pour but d’encadrer la passion harmonieuse pour les activités physiques et sportives : le Grand style pédagogique et l’esprit sportif.

Cette appellation peut apparaître prétentieuse à première vue.  Nous l’avons adoptée pour souligner le degré d’excellence que les enseignants doivent atteindre dans l’exercice de leur fonction afin de favoriser l’éclosion d’une passion harmonieuse des activités physiques et sportives chez les pratiquants.

Trois exigences du grand style pédagogique.

Les probabilités que les intervenants manifestent un grand style pédagogique sont élevées quand :

  1. Ils se considèrent eux-mêmes en état de développement personnel;
  2. Ils se comportent comme un artiste peintre;
  3. Ils ont une image de marque inspirante.

1. Être en état de développement personnel

Le travail que l’on fait sur soi habilite à mieux comprendre les pratiquants dans leur propre démarche, d’où l’importance de ne pas se considérer comme un adulte parachevé, mais un adulte en cheminement personnel et professionnel.

2. Se comporter comme un artiste peintre

L’incitation à se comporter comme un artiste peintre est une analogie empruntée à Hubert Reeves. L’artiste peintre dispose d’une palette chromatique qui lui permet de créer librement ses œuvres, selon son inspiration. À l’opposé, peindre par numéro se limite à reproduire un tableau en transposant des couleurs correspondantes à des numéros affichés. La liberté de création est pour ainsi dire absente. C’est ainsi que l’enseignant se comportant comme un artiste peintre est en mesure de créer une action pédagogique qui correspond aux besoins des pratiquants.

3. Avoir une image de marque inspirante

On se représente mal une personne voulant inciter les jeunes à développer une passion harmonieuse pour des activités physiques et sportives qui serait elle-même sédentaire.  On se représente également difficilement un intervenant, sous l’emprise d’une passion obsessive, trouver l’inspiration nécessaire pour motiver les jeunes à développer une passion harmonieuse. Il en est de même pour les qualités personnelles: être courtois, respectueux, ponctuel, etc.

L’esprit sportif

L’esprit sportif s’inscrit tout naturellement dans le suivi du grand style pédagogique. Il se manifeste par une attitude empreinte de respect des règlements, de l’adversaire, de ses coéquipiers, de l’officiel. L’esprit sportif repose également sur le respect de l’équité et la reconnaissance de la supériorité de l’adversaire dans la défaite.

Une attitude à privilégier

Il est bon de se rappeler que le sport devient ce qu’on en fait. Pour qu’il contribue positivement au développement de la personne, il doit faire l’objet d’un enseignement conscient et délibéré : c’est précisément le but que nous visons en présentant des repères pédagogiques pour susciter la passion des activités physiques et sportives chez les pratiquants.

La mise en application des codes d’éthique

Chaque organisation se doit d’avoir un code d’éthique destiné à toutes les personnes qui y assument un rôle. Toutefois, se doter d’un code d’éthique représente un préalable nécessaire mais non suffisant pour provoquer un changement. Le véritable défi est, dans le feu de l’action, de voir les intervenants s’inspirer des lignes de conduite dans le déroulement des activités. S’inspirer des faits saillants de l’actualité sportive pour y puiser des exemples et des contre-exemples est une bonne façon de susciter la réflexion sur l’une ou l’autre des règles de l’esprit sportif.

Repères pédagogiques

Un intervenant manifeste du Grand style pédagogique quand il adopte des propos, des attitudes et des comportements qui l’amènent :

  1. À rester en maîtrise de soi en toute situation, qu’elle soit exaltante ou déprimante.  Il ne s’agit pas de nier ses émotions, mais bien de les vivre en étant conscient que les débordements conduisent souvent à des dérapages qui sont parfois difficiles à récupérer par la suite.
  2. À se montrer bienveillant envers les jeunes: gagner un rapport de force avec un jeune n’a rien de bien glorieux.  Une gestion de groupe claire, effectuée de façon ferme et équitable, permet d’éviter les affrontements inutiles.  Les rapports de force brisent les liens de confiance et amènent les jeunes à se conforter dans des comportements d’opposition;
  3. À ne pas douter de la bonne foi des jeunes: offrir des occasions de se reprendre à des jeunes ne sera pas perçu comme un signe de faiblesse, mais plutôt comme une occasion de croire en leurs capacités.  Ne pas oublier que les comportements d’opposition des jeunes face à une tâche cachent souvent une anxiété liée à la peur de l’échec.
  4. À se montrer à l’écoute des jeunes: les discours des intervenants sont souvent pleins de certitudes alors qu’ils s’adressent à des jeunes pleins d’interrogations.  Le manque d’écoute est le reproche le plus souvent fait aux intervenants : pour plusieurs d’entre eux, demander l’avis des jeunes représente une perte de temps. Pourtant, on sait qu’écouter, dialoguer, faire des sondages sont des façons de gagner du temps, de réajuster les objectifs et d’adapter l’enseignement aux besoins des jeunes.
  5. À être fidèle à la parole donnée: l’intervention en activité physique et sportive est un lieu de la parole tenue. Celle-ci est un message éducatif fort. Rien ne discrédite plus un intervenant que d’annoncer des choses et de faire le contraire ou d’annoncer des choses devant être faites par les jeunes et de ne pas les faire soi-même.
  6. À favoriser linclusion de tous les jeunes dans l’activité: les jeunes ont besoin de sécurité. Cette sécurité peut se trouver auprès d’adultes qui représentent des points de référence sûrs et stables. Ainsi, ils ont besoin d’être accueillis tels qu’ils sont, d’être aimés et d’être aidés afin de faire des bouts de chemin qui représentent des pas dans la bonne direction.
  7. À différencier la sanction de la punition: une sanction consiste à appliquer une conséquence à la suite d’une transgression d’une des règles convenues. Elle vise la responsabilisation et l’autonomie des jeunes. Par ailleurs, imposer une punition discrétionnaire pour insubordination relève du registre de la domination-soumission et entraîne de la résistance, voire la violence des jeunes.
  8. À agir en tant que modèle pour les jeunes: il est difficile pour un intervenant de transmettre la passion pour les activités physiques et sportives s’il est lui-même sédentaire, d’exiger la ponctualité s’il est souvent en retard, de demander le respect s’il est méprisant, de demander aux jeunes de s’exprimer convenablement s’il parle grossièrement, de s’attendre à ce qu’ils soient courtois si lui-même n’est pas attentionné, etc.

 

Un intervenant contribue à l’éclosion de l’esprit sportif chez les jeunes quand ses propos, ses attitudes et ses comportements les amènent :

  1. À observer strictement les règles qui régissent le bon déroulement des activités physiques et sportives.
  2. À reconnaître que les officiels et les arbitres jouent un rôle difficile et ingrat et que leur présence s’avère essentielle à la tenue de toute compétition (ne pas tenir les officiels ni les arbitres responsables d’une défaite).
  3. À reconnaître le mérite des gagnants dans une défaite (accepter une victoire avec classe sans profiter de celle-ci pour ridiculiser les perdants).
  4. À percevoir les concurrents non pas comme des ennemis à abattre, mais comme des compétiteurs qui, grâce à l’opposition qu’ils offrent, leur permettent de mettre au point des habiletés, des tactiques et des stratégies collectives.
  5. À compter sur leurs seules capacités pour obtenir la victoire en refusant de recourir à des moyens illégaux, à la tricherie et comprendre qu’il ne s’agit pas de vouloir gagner à tout prix.
  6. À penser qu’il n’y a aucune raison valable qui justifie de prendre intentionnellement une punition.
  7. À ne pas s’attaquer à l’intégrité physique et psychologique des concurrents pour amoindrir leur rendement ou pour tout simplement les écarter de la compétition.
  8. À prendre conscience que le respect d’un code d’éthique leur permet de pratiquer, en toute sécurité, une activité qui les passionne.
  9. À transformer leur exubérance en enthousiasme, leur agressivité en combativité, leur peur en prudence.
© Communauté PEP 2015

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