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Faire vivre des émotions constructives

« Lorsque les enfants jouent, ils sont complètement engagés dans l'ici et maintenant. Ils font passer sans effort l'attention d'une activité à la suivante, oubliant rapidement ce qui s'est passé en devenant complètement absorbés dans le présent. Ils sont capables de faire cette transition avec facilité, car leur concentration est axée sur le plaisir. » (Lardon, 2008)

Le terme « enraciner » correspond à une analogie qui envoie le message que le développement d’une passion harmonieuse pour des activités prend sa source dans le monde des affects.  Il s’agit donc de faire en sorte que les jeunes vivent des émotions constructives qui enracinent en eux les motifs de la pratique des activités physiques et sportives.

Composante d’enracinement de la passion: le chaînon Stimulus-Émotion-Réponse

La croyance légendaire selon laquelle le travail et le plaisir sont des antagonistes irréconciliables a été largement nuancée par des études scientifiques qui ont révélé qu’en certaines conditions, le plaisir s’avère possible dans n’importe quelle activité humaine. On peut dire que la chaîne de comportement classique stimulus-réponse (S-R) s’est alors enrichie de la présence d’un état émotionnel d’où la chaîne stimulus-émotion-réponse (S-E-R).  En retrouvant son unité, l’être humain peut enfin accéder à son plein pouvoir d’accomplissement, autant dans le monde du travail rémunéré que celui du monde scolaire, des sports et des loisirs.

L’émotion se retrouve donc entre le stimulus provenant de l’environnement et la réponse comportementale qui en découle.  En simplifiant, on peut dire que toutes les émotions possèdent la même dualité fondamentale : quand elles sont positives, elles attirent; quand elles sont négatives, elles repoussent.

Le chaînon S-E-R est une composante d’enracinement de la passion pour des activités physiques et sportives. Il invite les intervenants à se positionner sur l’importance capitale de faire vivre aux jeunes des émotions positives lors de l’apprentissage des activités physiques et sportives.

Les plaisirs convexes et concaves

Le continuum des plaisirs concaves et convexes

Le continuum des plaisirs concaves et convexes

L’éminent psychologue canadien Yvon St-Arnaud (2002) a suggéré l’analogie des formes convexes et concaves pour nuancer les types de plaisir : la forme convexe, par la courbe de sa surface ne retient pas le liquide qu’on y verserait.  À l’opposé, la forme concave, par sa courbe, retient  le liquide qui y serait versé.  Ainsi, par analogie, on peut dire que les plaisirs convexes sont des plaisirs périphériques axés particulièrement sur la détente, la distraction et l’enjolivement.  Dans la poursuite de cette analogie, les plaisirs concaves sont des plaisirs profonds, laissant des traces d’accomplissement tout en favorisant la transformation de la personne.

Même si les plaisirs concaves représentent l’essentiel des plaisirs à privilégier, la présence de « bouquets de plaisirs » convexes, complémentaires lors de la pratique d’activités physiques et sportives a également son importance.  C’est ce qui nous a amené à considérer les plaisirs sur un continuum dans lequel s’inscrit la passion harmonieuse.

La motivation intrinsèque et extrinsèque

Jadis, quand on parlait de motivation, on avait coutume d’opposer la motivation intrinsèque à la motivation extrinsèque.  Or, les recherches en motivation sportive démontrent qu’il existe plutôt des liens entre ces deux types de motivation.  Ainsi, tout en continuant à proclamer que la motivation est un ingrédient déterminant de la réussite dans la pratique des activités physiques et sportives, les recherches les plus récentes indiquent que la notion d’autodétermination fournit un éclairage nouveau et réaliste sur le concept global de la motivation.

La reconnaissance de l’autodétermination (Deci et Ryan; 1985) comme étant la clef de voûte de la motivation amène à considérer la motivation intrinsèque – la motivation dont la source vient de l’intérieur de la personne – comme étant la forme de motivation vers laquelle il faut tendre en intervention éducative. La figure ci-bas, qui présente le continuum de l’autodétermination, invite à faire la nuance entre ces deux formes de motivation ainsi qu’entre les niveaux qui permettent de les relier.

Le continuum d'autodétermination, de la motivation extrinsèque à intrinsèque

Le continuum d’autodétermination : de la motivation extrinsèque à intrinsèque. Adaptée de R. H. Cox (2005)

Repères pédagogiques

Un intervenant peut favoriser la présence du chaînon S-E-R quand ses propos, ses attitudes et ses comportements amènent les jeunes :

  1. À faire des activités présentant, par exemple, trois niveaux de difficultés leur permettant d’expérimenter leurs propres capacités.
  2. À pratiquer les activités pour les plaisirs qu’ils en retirent dans l’immédiat et non pour des avantages différés.
  3. À découvrir les limites de leur propre capacité et à établir ce qui constitue leur zone de confort dans les activités physiques et sportives qu’ils pratiquent.
  4. À être conscient de la nécessité de sortir de cette zone de confort en relevant des défis qui se situent dans leur zone proximale de développement.
  5. À s’adonner à des activités tels les sports collectifs, les diverses formes de danse en groupe, qui donnent l’occasion d’évoluer au cœur d’une synchronie et d’avoir le sentiment de faire partie d’une entité plus grande qu’eux-mêmes.
  6. À pratiquer par eux-mêmes des habiletés, des tactiques, des stratégies propres à une activité de leur choix afin d’atteindre fréquemment l’état de Flow dans des aspects importants de cette activité.

Un intervenant favorise l’atteinte de plaisirs concaves et convexes quand ses propos, ses attitudes et ses comportements amènent les jeunes :

  1. À éveiller leur conscience aux plaisirs convexes qui se présentent dans la pratique des activités physiques et sportives : le plaisir de la camaraderie, d’être dans la nature, d’apprécier d’avoir l’équipement adéquat, etc.
  2. À éveilleur leur conscience aux plaisirs concaves qui se présentent dans la pratique des activités physiques et sportives : ressentir l’évolution de ses compétences dans une activité donnée, devenir familier avec l’état de Flow, etc.
  3. À exécuter des activités gagnantes, c’est-à-dire des mises en situation d’apprentissage qui, de par leur nature, présentent des défis à relever qui les intriguent et les incitent à passer à l’action.
  4. À tirer parti des ressources humaines et matérielles dans leur environnement en s’adonnant à des activités physiques récréatives qui représentent des avantages et des attraits pour combattre la sédentarité : la randonnée pédestre, le camping en nature difficile, la natation, le canot, le kayak, l’hébertisme, le ski alpin, le ski de fond, la planche à neige, le patinage sur glace et à roulettes, le vélo, cyclotourisme, etc.
  5. À s’engager physiquement dans des activités utilitaires : tondre le gazon, pelleter la neige, scier du bois, bûcher, ramasser les feuilles d’automne, etc.
  6. À réaliser que les consoles de jeux vidéo, par les défis d’ordre psychomoteur qu’elles suscitent, mobilisent leur attention et les amènent à goûter à l’ivresse du Flow psychique au point de souvent créer un état de dépendance.  Toutefois, l’effort déployé lors de tels jeux n’est pas suffisamment intense pour améliorer leur forme physique.
  7. À prendre conscience qu’ils auraient intérêt à s’adonner avec ferveur à des loisirs actifs que peuvent proposer certains jeux vidéo, en leur rappelant que leur corps a besoin chaque jour d’au moins une heure d’activité physique à intensité élevée.

Un intervenant favorise la motivation intrinsèque quand ses propos, ses attitudes et ses comportements amènent les jeunes :

  1. À s’affranchir, étape par étape, des motivations extrinsèques pour passer de l’état de dépendance (avant 11 ou 12 ans) à l’état d’autonomie (après 11 ou 12 ans), ce qui amène l’intervenant à accompagner les jeunes en respectant à chaque étape ce qui les motive tout en les préparant également à passer à l’étape suivante (voir la figure du continuum d’autodétermination).
  2. À pratiquer des activités physiques et sportives en étant avant tout motivés à accomplir leurs tâches le mieux possible.  Le fait d’accorder une importance excessive à la victoire et de vouloir gagner à tout prix détruit la motivation intrinsèque et fait même parfois perdre l’attrait aux récompenses externes légitimes.
  3. À choisir un sport ou une activité qui offre des situations de coopération, de participation plutôt que de compétition à outrance quand ils ont une forte tendance à sous-estimer leur compétence.
© Communauté PEP 2015

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