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  • Service de garde

Décloisonnement des groupes

Âges

  • 4-5 ans (Préscolaire)
  • 6-7 ans (1er cycle du primaire)
  • 8-9 ans (2e cycle du primaire)
  • 10-11 ans (3e cycle du primaire)

Nombre

  • Sans importance

Durée

  • 60 à 90 min

Intensité

  • Faible

Résumé

Cette année, j’ai décidé d’oser avec une nouveauté, soit le décloisonnement des groupes réguliers pour deux périodes pendant la semaine. D’habitude, j’ai quatre groupes basés sur l’âge des enfants (année scolaire complétée) : un groupe de maternelle, deux groupes de première et deuxième année et un groupe de troisième à sixième année. J’ai voulu éclater les groupes pour faire changement et pour favoriser la création de liens. Le décloisonnement est en fait une méthode de gestion permettant de favoriser de nouveaux groupes. Il est possible de réaliser plusieurs types d’activités en décloisonnement, selon ce que l’on recherche. Ça peut être réalisé dans différents contextes : sports, arts, sciences, etc.

Auteur

Marie-Ève Carpentier

Date

25 octobre 2019

Contexte

Au Centre communautaire Saint-Pierre, à l’intérieur et à l’extérieur

Quand

Pendant les semaines de camp, le lundi et le vendredi de 10 h 30 à 12 h environ lorsque la programmation le permet.

Matériel

  • 1/enfant Colliers ou macarons

Déroulement

Le décloisonnement des groupes se faisait avec tous les enfants du camp de jour du Centre communautaire St-Pierre de Drummondville, soit en moyenne 70 enfants de 5 à 12 ans (environ 50% de garçons et 50% de filles). Ces activités avaient lieu pendant les semaines de camp, le lundi et le vendredi de 10 h 30 à 12 h environ lorsque la programmation le permettait. Des macarons et des colliers de couleurs étaient utilisés pour différencier les groupes pendant la période de décloisonnement.

Le camp de jour du Centre communautaire Saint-Pierre est situé à Drummondville dans un quartier de plus en plus vieillissant, ce qui fait que la majorité de la clientèle vient de l’extérieur du quartier. Les enfants proviennent de tous les milieux. Certains sont plus défavorisés et ont de grandes difficultés au point de vue de l’éducation et du milieu socioculturel et économique alors que d’autres viennent de familles bien nanties et sont éveillés à toutes sortes de choses. Le camp a reçu 86 inscriptions cette année (maximum 90), ce qui est petit dans Drummondville puisque certains camps peuvent compter jusqu’à 300 voire même 500 enfants. L’équipe d’animation se compose de 8 personnes, soit quatre animateurs (18 ans et plus) et quatre moniteurs (entre 15 ans et demi et 17 ans). Certains animateurs ont plus de forces en art alors que d’autres ont plus de forces en sport.

Présentation du projet

Cette année, j’ai décidé d’oser avec une nouveauté, soit le décloisonnement des groupes réguliers pour deux périodes pendant la semaine. D’habitude, j’ai quatre groupes basés sur l’âge des enfants (année scolaire complétée) : un groupe de maternelle, deux groupes de première et deuxième année et un groupe de troisième à sixième année. J’ai voulu éclater les groupes pour faire changement et pour favoriser la création de liens. Je voulais que les enfants puissent sortir de leur groupe et essayer de nouvelles choses. Je voulais également tester une idée. Je travaille en milieu scolaire et je sais que le décloisonnement fonctionne bien. Je voulais savoir si ça pouvait fonctionner dans un cadre de camp de jour où l’on s’amuse et où l’on a du plaisir. D’après mes premières expériences, la réponse est oui. C’est possible si les groupes sont bien répartis et si les activités sont structurées.

Le décloisonnement est en fait une méthode de gestion permettant de favoriser de nouveaux groupes. Il est possible de réaliser plusieurs types d’activités en décloisonnement, selon ce que l’on recherche. Ça peut être réalisé dans différents contextes : sports, arts, sciences, etc. Pour l’avoir expérimenté davantage, je sais qu’en contexte sportif, ça donne de très bons résultats. On dirait que les comportements sont moins explosifs chez les enfants qui ont tendance à bouger beaucoup.

Répartition des groupes

Pour répartir les groupes, j’ai d’abord déterminé combien d’enfants de chaque groupe d’âge je voulais dans chaque groupe. Je voulais que l’animatrice des enfants de la maternelle ait un peu plus d’enfants de cet âge dans son groupe, et j’ai fait la même chose pour les autres groupes. Par la suite, j’ai pris les listes de présence et j’ai classé les enfants au hasard dans les quatre groupes, sans tenir compte de l’ordre alphabétique. Je me suis toutefois assurée de laisser les enfants qui ont un comportement plus fragile ou plus sensible et qui ont besoin de stabilité avec leur moniteur respectif. Pour ce qui est des animateurs, je les ai groupés en fonction de leur dynamisme et en fonction de leurs forces et de leurs faiblesses respectives.

Pour identifier le groupe de décloisonnement des enfants, j’ai fabriqué des colliers et des macarons avec des couleurs. Le groupe vert est représenté par une grenouille, le groupe rouge est représenté par une corde rouge, le groupe bleu est représenté par un carton bleu avec un petit gâteau, et le groupe jaune est représenté par un soleil. Une photo de ces colliers est placée dans les documents complémentaires à cette fiche.

Déroulement

Les deux périodes de décloisonnement sont le lundi et le vendredi de 10 h 30 à 12 h. Il y a toutefois une certaine flexibilité au niveau des heures en fonction des activités réalisées. Le matin, un moniteur prépare et installe tout le matériel requis pour les différentes activités. Je remets également un mot aux animateurs pour leur expliquer dans quel ordre ils doivent faire les stations (heures, activités et lieux). La programmation des activités de décloisonnement est flexible et a été faite en fonction de l’horaire des thématiques et des sorties. Il y a certaines journées où il n’y a pas de décloisonnement parce que la thématique de la semaine est trop chargée ou peu propice au décloisonnement. Le nombre de stations varie également en fonction du temps disponible et des possibilités.

Le lundi, les groupes font du sport. Lorsque les jeunes arrivent le matin, entre 9 h et 10 h 15, on dispose d’une période de battement où les enfants font des activités plus calmes et artistiques puisqu’ils bougeront pendant la période suivante. À 10 h 15, tous les groupes se rassemblent dans la salle du service de garde, puis les responsables de la couleur rouge partent avec tous les enfants du groupe rouge, et ainsi de suite pour les quatre couleurs. Les colliers aident les enfants au départ, mais ils savent rapidement avec qui ils sont lors du décloisonnement. C’est un terme que j’utilise et qui fait maintenant partie du vocabulaire des jeunes. La période de sport est généralement divisée en quatre activités d’environ 20 minutes, parfois 30. Il y a trois activités dirigées et une période dans le parc-école où les enfants sont plus libres et où ils peuvent s’amuser comme ils le veulent.

Le vendredi, pour les activités artistiques, le fonctionnement est sensiblement le même. Après le mot du jour le matin et l’annonce du décloisonnement art, les groupes se dirigent vers les activités. Les stations durent généralement plus longtemps, soit environ 30 minutes, car un projet d’art comporte un début et une fin et qu’il faut le terminer pour pouvoir éventuellement présenter les œuvres. La plupart du temps, il y a seulement deux ateliers.

S’adapter aux différents groupes d’âge

C’est moi qui planifie les activités et qui gère les adaptations requises pour les différents groupes d’âge. Pour les activités sportives, chacun y va à son rythme lorsqu’elles sont individuelles, et les plus vieux respectent les plus jeunes, car ils savent qu’il est normal qu’un enfant de la maternelle ne soit pas au même niveau qu’eux. Ils savent qu’ils sont déjà passés par là et qu’ils se sont améliorés. L’accent est placé sur le dépassement de soi plutôt que sur la compétition. Par exemple, lors d’une activité de cirque, j’ai imprimé des cartes de mimes respectant les habiletés de tous les groupes d’âge. Les plus jeunes prenaient des cartes identifiées pour eux, et les plus vieux faisaient la même chose, ce qui assurait que le défi soit approprié pour chaque enfant. Pour les activités collectives comme le ballon chasseur, le kinball ou le frisbee golf, je demande aux grands de modérer leur force et de laisser la possibilité aux plus jeunes de lancer. C’est une adaptation dans les règles et dans une forme de courtoisie : les grands comprennent qu’il y a des plus petits à côté d’eux et qu’ils doivent faire attention.

Pour les activités artistiques, l’adaptation vient beaucoup de l’accessibilité de l’atelier en tant que tel. Je ne ferais pas faire, par exemple, une pinata lors d’une période de décloisonnement. J’aime mieux proposer des activités accessibles à tous comme la pâte de sel. Chacun va à son rythme, et les plus grands peuvent aider les plus petits. Lorsque je fais mon choix, je me questionne également à savoir si les plus jeunes peuvent avoir une certaine autonomie et avoir du plaisir à réaliser l’activité. Si la réponse est non ou si je ne suis pas certaine, je ne choisis pas cette activité. La nature de l’activité est également très importante, car donner 30 minutes à un enfant de maternelle pour réaliser un projet d’art, c’est beaucoup. Il faut donc que l’activité soit intéressante pour lui et qu’elle le tienne occupé. Ainsi, la pâte de sel, qui est très kinesthésique, est plus appropriée que le portrait d’un paysage qui sera terminé très rapidement.

Recommandations

Si quelqu’un veut tenter la même expérience, je lui recommande de faire un décloisonnement dès la première journée de camp de jour. De cette façon, on met la nouveauté en marche dès le départ, et on annonce aux jeunes que le décloisonnement va faire partie intégrante de leur réalité pendant l’été. Au début, ils sont surpris. Certains enfants se demandent pourquoi il y a des plus petits ou des plus grands dans leur groupe, mais après un certain temps, ça donne des groupes très agréables. Les enfants participent bien ensemble et tout le monde s’amuse. Il est également très important que ces périodes soient bien structurées. Les listes des nouveaux groupes doivent être faites, et le principe des colliers facilite beaucoup les choses. De cette façon, un enfant ne peut pas essayer de se glisser dans un autre groupe puisqu’il a son collier et qu’il ne peut pas passer inaperçu. Les animateurs doivent également être bien familiers avec la rotation des stations.