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Diversifier ses pratiques… grâce aux pratiques des autres

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Résumé

Le Pôle santé HEC Montréal a réalisé une étude d’impact sur la Communauté PeP. Celle-ci a inspiré une série de nouvelles qui s’appuient sur des échanges obtenus avec certains membres de la Communauté PeP. Les nouvelles permettent de recueillir le témoignage d’intervenants engagés et mobilisés au sein de la Communauté PeP. En voici un exemple.

Auteur

Nadia Benomar

Date

7 février 2020

Contexte

Matériel

Aucun matériel nécessaire pour cette pratique.

Déroulement

Stéphane est agent de recherche et de programmation dans le réseau de la santé. Il a pour domaine d’expertise, l’activité physique et la prévention des traumatismes non intentionnels. Passionné de sports, Stéphane en a pratiqué plusieurs au cours de sa vie, et ce, à tous les niveaux (récréationnel, international). Très intéressé par la pédagogie, Stéphane est également entraîneur de judo et formateur.

C’est dans le cadre de son travail en tant que conseiller Kino-Québec que Stéphane a pris connaissance de l’existence de la communauté PeP pour la première fois. Suite à une formation qui avait été donné à son travail, Stéphane avait eu la possibilité de tester la version beta du site et de donner quelques commentaires de rétroaction à l’équipe PeP.

Très vite, Stéphane avait réalisé à quel point le site pouvait lui être utile dans ses activités quotidiennes. Suite au lancement officiel du site, il s’est inscrit en tant que membre et continue depuis d’explorer les pratiques qui sont mises en ligne.

Aujourd’hui encore, Stéphane continue de consulter la plateforme, le plus souvent pour alimenter son travail, pour monter ses formations. Il a d’ailleurs trouvé plusieurs pratiques qui l’ont inspiré pour monter sa formation pour les intervenants dans le milieu de la petite enfance :

« Ces derniers temps, je travaille beaucoup avec des intervenants œuvrant dans le milieu de la petite enfance. Ce n’est pas un milieu que je maîtrisais au départ. Du coup, plutôt que de reprendre une pratique en particulier, j’ai préféré visionner plusieurs pratiques dédiées à ce milieu pour avoir une vision globale de ce qui s’y fait. ».

Le site de la communauté PeP lui permet, ainsi, d’avoir une meilleure représentation des attentes et des besoins des clientèles qu’il forme. Il se sert également du site comme source d’inspiration pour ses entraînements : il cherche alors, avant tout des pratiques d’opposition en matière de judo.

« C’est aussi intéressant de voir comment les autres membres de la communauté s’y prennent et les explications qu’ils donnent : c’est très souvent de bons points de vue ».

En effet, pour Stéphane, on a beau avoir des années d’expérience, il arrive des matins où l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Plutôt que d’invoquer les Muses, Stéphane passe en revue les pratiques déposées sur le site sur le sujet qui l’intéresse, en tire l’idée générale et l’intègre à son plan de cours après l’avoir adapté à sa réalité. Difficile pour lui d’identifier une pratique en particulier mais l’apport du site est selon lui incontestable. La qualité et la richesse du site lui ont permis de diversifier ses entraînements.

« Les pratiques sont très bien montées et elles permettent de transformer les pratiques à ma convenance : c’est formidable d’être en mesure d’ajouter des éléments de pouvoir faire des propositions en toute humilité. […] Aussi intéressante soit-elle, une pratique n’est jamais parfaite : on peut toujours adapter, changer quelque chose pour la rendre plus appropriée à la situation. »

Ainsi, pour Stéphane, un des points forts de la Communauté PeP réside dans le fait que les pratiques du site permettent justement cette grande latitude. Être en mesure de s’inspirer librement d’une pratique, de comparer son travail à ce qui se fait ailleurs au Québec, lui permet de voir sa pratique sous un nouvel angle : « on apprend toujours de toute façon ».

Stéphane est un passionné pour qui le sport a une place de choix dans toutes les étapes de la vie d’une personne. Il est convaincu que les intervenants du Québec peuvent susciter davantage la passion pour l’activité physique chez les jeunes. D’ailleurs, l’objectif de la communauté PeP d’aider les intervenants dans cette tâche est selon lui louable. Mais pour y parvenir, Stéphane pense qu’il va falloir publiciser davantage l’existence de la Communauté PeP et les services qu’elle offre. En effet, ce n’est pas tant la manière dont est construite la communauté que l’envergure de la communauté à ce stade qui fait douter Stéphane de la réalisation de l’objectif final de la communauté PeP.

« Je pense que les gens qui sont au cœur de la démarche, ceux qui travaillent avec cet outil [site], ceux qui s’y rendent régulièrement sont tous convaincus par le bien-fondé de l’activité physique auprès des jeunes. Je pense qu’on aurait intérêt à ce que cette communauté soit plus publicisée, démocratisée. »

Pour Stéphane, il y a encore un grand nombre d’intervenants qui n’ont pas encore pris connaissance de cette communauté et de l’aide que cette dernière peut leur apporter dans leur travail quotidien. Pour parvenir à son objectif la communauté PeP doit diffuser davantage :

« À chaque fois que j’aborde le volet encadrement, le volet « développer un mode de vie actif auprès des tout-petits », je vois que les éducateurs se posent des questions, qu’ils ont le souci de faire mieux. Je pense que le site doit aussi être connu et utilisé par ces profils d’intervenants. Au-delà de nos diplômes, c’est l’énergie [mise dans notre travail] qui compte »

Stéphane n’a pas nécessairement d’idée sur la manière dont la communauté PeP pourrait promouvoir son existence et sa valeur ajoutée. Toutefois, il estime que c’est le travail de tout à chacun :

« Je ne sais pas comment on doit s’y prendre, mais à mon échelle, j’essaie d’en parler à mes collègues, aux personnes participant à mes formations. Je vais tenter d’être plus dynamique aussi : peut-être que je vais me lancer et déposer une pratique par moi-même »

Stéphane avoue que ce n’est pas nécessairement une chose facile : malgré ses nombreuses années d’expérience et son expertise établie, il hésite encore à sauter le pas :

« Je pense que toutes les personnes qui ont partagé sur le site une pratique ont déjà un bon bagage. Pour aller déposer une pratique, il faut quand même avoir un petit historique pour se sentir à l’aise de déposer quelque chose de public. Je me trompe peut-être, mais c’est le sentiment que j’ai. J’ai de nombreuses pratiques à faire découvrir, mais j’hésite encore. On souhaite tous déposer une pratique qui est très bien rodée ».

Ainsi, au-delà du manque de temps – enjeu largement répandu auprès des intervenants – un des enjeux qui surgit lorsque vient le temps de déposer une pratique est, sans doute, le questionnement sur la pertinence et la recevabilité de la nouvelle pratique au sein de la communauté. Cette crainte peut inhiber temporairement le partage, mais il convient de la dépasser pour espérer pérenniser la dynamique de la communauté.