• Entrainement

Gérer un conflit d’équipe: améliorer l’ambiance générale

Âges

  • 12-13 ans (1er cycle du secondaire)
  • 14-16 ans (2e cycle du secondaire)

Nombre

  • Petit groupe (5 à 15)
  • Moyen (15-30)

Durée

  • Année scolaire

Résumé

Les membres de l’équipes jouaient bien au basketball mais rencontraient de gros défis entre elles et avaient de la difficulté à gérer leurs émotions. Il fallait donc trouver une façon de travailler sur l’attitude et la cohésion d’équipe.

Auteur

Patrick Lebeau

Date

25 septembre 2019

Contexte

Quand

Tout au long de l’année scolaire, au début de chaque entraînement et durant au besoin.

Matériel

Aucun matériel nécessaire pour cette pratique.

Déroulement

La dynamique de l’équipe au départ…

À ma 2e année comme enseignant en histoire au secondaire, j’ai décidé d’entraîner l’équipe féminine benjamine de basketball de mon école (2e secondaire). Aucun entraîneur ne s’était montré intéressé à reprendre cette équipe. Ses membres avaient connu des difficultés l’année précédente, tant au niveau de leurs comportements, de leurs résultats scolaires qu’au niveau de la performance sportive en basketball. Les membres de l’équipe avaient un bon lien entre elles, mais pas nécessairement positif. Il s’agissait tout de même d’une bonne équipe au sens sportif, les filles jouaient bien au basketball. Mais elles rencontraient de gros défis entre elles et elles ont de la difficulté à gérer leurs émotions.

Nous avons connu un bon début d’année, nous avons gagné quelques parties, mais dès que l’équipe a connu des défaites, les comportements des joueuses se sont dégradés. Un point tournant a été un tournoi en milieu d’année, durant lequel les filles ont accumulé plusieurs défaites. Certaines filles se sont emportées et ont été violentes entre elles, par exemple lors de fautes techniques commises par leurs coéquipières.

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Actions pour modifier l’attitude des joueuses et améliorer le travail d’équipe

Pour la 2e moitié de l’année, j’ai décidé de travailler uniquement sur l’attitude des membres de l’équipe et sur le travail d’équipe. Le basket venait en seconde place. Chaque entraînement commençait avec une discussion,  toute l’équipe assise en cercle dans le gymnase. J’ai joué le rôle de médiateur, j’ai fait la gestion du droit de parole, je me suis assuré que le respect était présent en tout temps dans les échanges. Le but de l’échange était de se mettre dans une ambiance positive, calmer ses émotions et avoir un contact avec chacune des joueuses.

Je commençais par demander aux joueuses «comment ça va?», et je leur demandais si elles avaient besoin de s’exprimer par rapport aux autres joueuses de l’équipe, aux matchs,  à l’école ou à leurs amis.

Cela leur a permis de désamorcer des conflits, d’extérioriser les émotions qu’elles gardaient à l’intérieur. Chaque fois, il y avait toujours quelque chose à régler dans l’équipe. Nous en avons aussi profité pour souligner les bons coups des joueuses en dehors du basket.

On passait ensuite à l’échauffement, où tout le monde devait avoir une attitude positive et encourager les autres joueuses. Je continuais ensuite l’entraînement jusqu’à ce qu’un événement négatif survienne. J’arrêtais immédiatement celui-ci et nous prenions une pause pour se parler et régler la situation en équipe.

Pour les matchs, nous nous sommes entendus sur le fait que de dire des commentaires négatifs aux autres filles ou aux arbitres ne menait à rien. Il a été interdit de faire des commentaires négatifs ou de chialer durant les matchs. Que les encouragements ou les commentaires positifs étaient acceptés. Si une joueuse faisait un commentaire inapproprié, les autres joueuses lui rappelaient la règle.

Intégration des filles et création d’un groupe d’études

J’ai aussi mis en place des actions pour que toutes les filles se sentent bien intégrées à l’équipe. Nous avons accueillies les nouvelles filles qui sont arrivées cette année et le temps de jeu a été réparti entre toutes les filles également. De plus, un groupe d’études a été formé avec les filles de l’équipe sur l’heure du midi. Cette «récupération obligatoire» était réservée à l’équipe et a permis de créer des liens plus positifs entre elles. Certaines filles étaient plus fortes dans certaines matières ou en général à l’école et elles ont pu aider celles qui en avaient besoin. Une belle dynamique s’est installée durant ce groupe d’études.

BÉNÉFICES DE L’INTERVENTION

Nous avons commencé à gagner plus de matchs, cette nouvelle attitude et le lien plus solide entre les filles a eu un bon effet sur le jeu et sur les membres de l’équipe. Les joueuses ont commencé à saisir qu’une attitude positive les amène à mieux travailler ensemble et même à la victoire. Nous avons gagné le championnat régional et nous avons avancé très loin dans les tournois.

J’ai repris le rôle d’entraîneur de l’équipe en 3e secondaire et ça va très bien. Toutes les joueuses de l’équipe de l’année dernière se sont réinscrites au basket. Nous avons conservé les récupérations obligatoires pour l’étude, les filles demandent de l’aide aux autres quand elles en ont besoin.

Les joueuses cette année ont pris l’initiative de faire une activité de financement pour l’équipe elles-mêmes, sans l’aide d’adultes. Elles s’investissent pour leur équipe et sont positives.