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Tirer profit de l’expérience des autres

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Résumé

Le Pôle santé HEC Montréal a réalisé une étude d’impact sur la Communauté PeP. Celle-ci a inspiré une série de nouvelles qui s’appuient sur des échanges obtenus avec certains membres de la Communauté PeP. Les nouvelles permettent de recueillir le témoignage d’intervenants engagés et mobilisés au sein de la Communauté PeP. En voici un exemple.

Auteur

Nadia Benomar

Date

7 février 2020

Contexte

Matériel

Aucun matériel nécessaire pour cette pratique.

Déroulement

Sébastien Lessard, enseignant en éducation physique au primaire depuis 12 ans, est membre de la communauté PeP depuis quelques mois déjà. Passionné des sports en plein air et de Skateboard, son premier contact avec la communauté a été une recherche d’intervenants utilisant ce moyen d’action dans leur pratique. Cette première recherche lui a permis de découvrir la communauté PeP et la mine d’informations que celle-ci offre aux intervenants en activité physique.

Graduellement, Sébastien a intégré la visite du site à sa routine pour la planification de cours : les pratiques qui y sont partagées par certains de ses pairs lui servent d’inspiration. Il en a mis plus d’une en application depuis son inscription : manipulation de golf, manipulation d’Ultimate Frisbee, jeu de ballons, etc.

« Je m’en sers presque comme un moteur de recherche. À Halloween, j’ai fait une recherche sur ce thème pour voir ce que je pouvais trouver pour l’occasion! »

Sébastien est le seul éducateur physique au sein de son école primaire. La communauté PeP représente à ses yeux un moyen de briser cet isolement et d’être en contact avec des enseignants de tout le Québec. Il aimerait d’ailleurs voir plus d’interactions entre les membres de la communauté; que le partage d’une pratique et son utilisation servent de point de départ à la discussion entre les membres, de la même manière que fonctionne un forum. Selon lui, la plateforme PeP se prête particulièrement bien à ce type d’activités :

« J’ai tout de suite trouvé que le site était très invitant, très stimulant … ça m’a incité à m’inscrire et à laisser des commentaires »

Sébastien met d’ailleurs un point d’honneur à donner de la rétroaction aux membres qui ont déposé une pratique qu’il a utilisée. Il rédige des commentaires sur son expérience lors de sa mise en application, explique les petites modifications qu’il a effectuées, dans l’éventualité où cela puisse servir à d’autres de ses pairs ou précisément au membre de la communauté qui a initialement déposé la pratique. Selon lui, ces rétroactions sont l’occasion de consolider le sentiment d’appartenance qui se crée lorsqu’une personne choisit de partager ses connaissances. Ce sentiment est renforcé lorsque celle-ci réalise que d’autres intervenants en activité physique mettent sa pratique en application dans leur milieu et en font ainsi profiter davantage de jeunes du Québec.

« Même si l’échange est virtuel et qu’on peut encore s’améliorer en termes de discussion – par exemple je n’ai pas reçu de commentaires sur mes rétroactions – je trouve qu’il y a un sentiment d’appartenance extrêmement intéressant qui s’installe. Ça vient du fait que l’on a énormément de pratiques déposées par des collègues aux quatre coins du Québec à portée de main ».

Lors de notre entrevue, Sébastien a souhaité revenir sur une pratique qui l’a particulièrement inspiré : un jeu de ballon nommé « Voleurs et Dragons ». À ses yeux, cette pratique est attrayante parce qu’elle est nouvelle, entraine un haut niveau d’activité physique et donne du plaisir à tous ses participants.

« Voleurs et Dragons » est une activité très captivante dans la mesure où elle englobe tout ce qu’il recherche dans une activité idéale.

En premier lieu, il souligne son attrait du fait qu’il s’agit d’une nouvelle pratique. Pour Sébastien, une pratique idéale est une pratique novatrice qui est stimulante d’abord pour l’enseignant. Elle vient combler un manque, répondre à un besoin pédagogique ou au désir plus large de transmettre quelque chose aux jeunes. « Voleurs et Dragons » a ainsi la particularité d’être un jeu très complet réunissant de nombreuses notions au programme, ce qui est particulièrement intéressant pour les éducateurs physiques :

« Il y a autant de coopération avec des personnes qui se passent la balle que de l’opposition avec un intercepteur, mais le tout est fait dans un contexte statique ce qui est particulièrement intéressant pour les jeunes parce qu’il n’y a pas de zones de contact ».

Ensuite, selon Sébastien, une bonne pratique doit s’inscrire dans l’action. Elle doit apporter un haut niveau d’engagement moteur pour les jeunes, être inclusive et mettre tout le monde en action. À cet égard, « Voleurs et Dragons » remplit ce besoin à merveille. Pour inspirer et stimuler les enfants dont il a la charge, Sébastien privilégie les activités dynamiques où il y a très peu de temps mort, faciles à expliquer et à mettre sur pied.

« Pour moi, une pratique idéale doit également prêter attention à la logistique et à l’organisation spatiale. Elle doit être accessible : oui, on peut sortir énormément de matériel, préparer des parcours etc., mais au quotidien, c’est tout de même appréciable quand la logistique d’une activité est moindre. Ça permet une plus grande efficacité. »

Autre point important, il est possible de faire évoluer l’activité au gré du développement des enfants : « Le jeu est très intéressant puisqu’il permet entre autres de développer différents types de lancers et de travailler les interceptions. ».

L’engouement des enfants pour cette pratique (y compris à la maison!) lui a donné envie de la tester avec différents groupes (1ère et 2e années, puis au niveau Maternelle), mais aussi avec différents matériels (il a tenté d’adapter le jeu à l’Ultimate Frisbee). Ces adaptations ont porté leurs fruits, d’autres un peu moins, mais pour Sébastien, le plus important c’est de tester, d’essayer de nouvelles choses.

Selon Sébastien, la communauté PeP donne le goût d’essayer de nouvelles pratiques pour le plus grand plaisir des jeunes, mais aussi pour le propre plaisir du pédagogue. « La notion de plaisir est d’ailleurs l’objectif ultime tant pour le jeune que pour le pédagogue : c’est une sorte de moteur et de levier d’apprentissage ».

Membre passionné, Sébastien est convaincu du succès de la Communauté PeP, bien que cette initiative demeure encore très jeune :

« La communauté a un impact, en premier lieu, sur les intervenants. [Elle] nous stimule par rapport à notre travail et ça, en bout de ligne, ça a un impact sur les élèves qui seront stimulés à leur tour grâce aux nouveaux moyens d’action mis en place ».